Parasites
de : Murakami, Ryû

Il semble que Murakami, Haruki, fasse plutôt l'unanimité à bookine, voire dans le monde de la critique littéraire. C'est rien que des copieurs d'ailleurs. Mais il s'agit ici de l'autre Murakami... Ryû donc. J'ai connu Ryû à travers son pavé "Les bébés de la consigne automatique" qui m'avait occupé un bon moment, en son temps. J'en garde le souvenir d'un bouquin assez fort : "Les romans japonais sont souvent en marge pour différentes raisons, celui-ci est assez classique dans sa démarche mais l'univers et la façon de tourner certaines choses en font une expérience lourde et intéressante... Bien bien, à continuer chez l'auteur..." avais-je écrit en 2003, dans mon fichier open-calc de chevet. C'est amusant comment je me parlais à moi même à l'époque, j'avais encore un brin d'estime pour moi tiens, j'avais l'air de penser pouvoir relire et comprendre mes sous-entendus (on n'est jamais trop prudent, hein, imaginez que les RGs fouillent dans mes fichiers), ça ne nous rajeunit pas.
Bref.

Malheureusement, je crois qu'après ce livre, je ne continuerai pas chez l'auteur (pour reprendre mes termes). Outre le fait que ce ne doive pas être totalement français comme expression, je dois avouer que je me suis ennuyé ferme. J'ai dû me forcer à de nombreuses reprises pour continuer la lecture.
Pour planter un peu le décor et faire comprendre quelques unes de mes remarques qui vont suivre (oui oui, je n'écris pas linéairement), un bref récapitulatif du scénario. Ca va être vite fait. Un type un peu cinglé qui vit en reclus découvre Internet et les forums de discussion. Des types mal intentionnés lui monte un complot pour lui tout seul afin de profiter de ses faiblesses mentales et en faire un tueur.

Peut-être suis-je aussi victime de mes lectures du moment, beaucoup de polars, avec pas mal de malades mentaux qui virent aux serial-killers, puis mon dernier Murakami l'autre, Haruki. Ca devient compliqué là, je me demande si Murakami est l'équivalent de Martin au Japon tiens. Sur ce livre, en effet, la comparaison avec "Les chroniques de l'oiseau à ressort" sont rapidement légions, malheureusement pour notre auteur... coups de battes de base-ball dans la tronche des gens, solitude dans et hors la foule,enfermement dans un espace clos de type puits, rencontres de personnages étranges, perceptions troublées de la réalité, passage historiques sur la guerre, etc. On a l'impression que Murakami veut faire du Murakami, mais l'autre Murakami. Je me perds un peu là...
Bon, une fois la mauvaise foi passée, il est difficile de ne pas faire le parallèle, ni de scientifiquement (hum) regarder et comparer les dates d'écriture : L'oiseau à ressort 1994-1995, Parasites 2000. CQFD ?

La fin en queue de poisson est aussi complètement décevante. Cette histoire de ne pas juger, de ne pas donner son avis, de décrire du point de vue du narrateur (cinglé, on le sait dès le début) est une ficelle éculée.
Et cette manie de répéter à de nombreuses reprises plusieurs choses, sans doute pour nous faire comprendre qu'on est dans la tête du type.
Et ce jargonnage biologique, voire internetien, encore une fois, c'est un peu au service de l'histoire mais bon, c'est maladroit. En plus j'ai un peu l'impression que toute cette histoire est un peu faite pour faire peur à la ménagère de plus de cinquante ans en montrant les dangers de cette... chose... étrange qu'est Internet. Un espace, que dis-je, une jungle prête à vous dévorer le cerveau dès qu'on à la souris tournée. Oh, c'est fini oui ? Y'en a qui ont fini au goulag pour moins que ça, hein ! Ou sur le bûcher ! Ah non là je me trompe, en général ce sont les mêmes qui font peur aux gens avec des âneries et qui font cramer ceux qui y voient un peu plus clair que les autres... Enfin, tout de même, en 2000, le grand méchant Internet, j'ai du mal à y croire, et ça a un petit goût des procès contre les hardrockers et les rôlistes, grand satanistes devant l'éternel, l'Eternel mais pas l'Ethernet. Bon j'arrête parce que je vais finir par réellement me fâcher si je continue à m'auto-monter le bourrichon...

Et cette lettre, à la fin, qui est sensée tout expliquer, éclairer de nombreuses choses laissées brumeuses à dessein... J'ai l'impression qu'en fait tout cela est bien trop artificiel pour fonctionner. Ou alors j'ai raté quelque chose, c'est possible aussi.
Bon je vais vraiment arrêter sinon le livre va servir de testeur aérodynamique préliminaire pour vérifier le bon vieil adage de savoir si avec la puissance nécessaire on peut faire voler un fer-à-repasser.
C'est dommage parce que dans mes souvenirs, 2003 donc, il avait son style Ryû.
Chronique postée le 11/02/2007 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"

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Divers : traduit par Sylvain Cardonnel
Pays de l'auteur (Murakami, Ryû) : Japon

Informations géographiques : Japon
Informations temporelles : 2000?