The liar
de : Fry, Stephen

Désolé, mais je ne vais pas pouvoir vous en dire beaucoup sur l'histoire sur ce coup-là. Je crois que je n'ai pas réellement tout compris en fait. De toute façon l'auteur prévient sur la première page : "Not one word of the following is true". Cela dit lorsqu'on lit de la fiction, il ne faut pas s'attendre à plus, il a le mérite d'être clair. Si on veut la vérité, il faut lire le journal, et encore, ça dépend du gouvernement sans doute...

Une chose qu'il faut dire, dans la mesure où je suis incapable de résumer l'histoire, c'est que ce livre est définitivement anglais ! Et aussi drôle, d'une façon très anglaise. Je me suis surpris à rire ouvertement dans les transports en commun. Enfin, disons que ce sont les regards des autres usagers qui m'ont surpris plutôt.

C'est amusant les réactions des gens quand quelqu'un se marre en lisant un bouquin dans un lieu public...
Pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, comme dirait Michel, attablée dans un bar non loin de moi, une femme lisait en mangeant. Je passerait outre le petit tremblement fébrile de ma lèvre supérieure, dû au fait que ma mère m'a formellement interdit de lire en mangeant, me promettant les pires misères gastriques si je ne me conformais pas à cette règle que je qualifierais, avec l'âge et l'expérience de nombreux repas solitaires, d'obsolète. Si il y a un fond pédagogique dessous, je ne l'ai toujours pas trouvé. La télévision à table, qu'on l'interdise, je suis d'accord. D'abord ça empêche toute conversation, ensuite la boite à lumière attire suffisamment l'attention (au moins la mienne, encore plus alors qu'enfant) pour en oublier de fermer sa bouche, et après la soupe coule sur les pantalons et c'est une tarte dans le beignet parce que mince c'est pas moi qui lave ! Toujours est-il que cette femme lisait un truc que je n'ai pas réussi à identifier et je n'ai pas non plus réussi à identifier si elle pleurait ou bien si elle riait. Un bref conciliabule (ouah, je l'avais oublié ce mot là tiens, il est cool) avec mes camarades de bar ne m'en appris pas plus... J'aurais tendance à dire qu'elle riait, parce que je n'ai jamais vu quelqu'un pleurer à chaudes larmes en lisant un roman dans un bar alors qu'on m'a surpris à me gondoler en public pour cause de bonne formule (je tiens pour responsables des gens comme feu Douglas Adams, ou encore Terry Pratchett , ce n'est pas pour dénoncer hein, c'est plus pour signifier). Toujours est-il que, avant que la digression ne prenne le meilleur sur mon cheminement de pensée, les gens autour de cette femme ne pouvaient s'empêcher de la regarder en coin. On n'ignore pas ostensiblement une personne lisant en riant dans un lieu public. Est-ce par jalousie, est-ce par curiosité ?
Je dois admettre que c'est la curiosité qui me tiraille dans un cas comme celui-ci. Sans doute y-a-t-il une pointe de jalousie, ou bien est-ce le professionnalisme de journaliste bookinien, comment un livre drôle m'aurait échappé ? D'ailleurs je n'ai toujours pas réussi à définir ce qui me fait rire en littérature tiens, alors que j'avais promis dans une autre chronique de m'y pencher. Ce problème n'a qu'à avoir un décolleté plus alléchant...
Ce curieux parce que je ne suis pas sûr que les réactions seraient similaires dans le cas du journal. Par journal, j'entends les dernières nouvelles d'Alsace, ou le Dauphiné Libéré hein, un truc sérieux. Si quelqu'un commence à rire en lisant le journal on identifie assez rapidement la cause (Ségolène en ces moments bénis de campagne électorale 2007 ou bien lecture de la rubrique nécrologique, ce qui revient probablement au même en y songeant avec un peu de cynisme...) et je ne pense pas que jalousie ou curiosité s'applique. Ou alors est-ce parce que la fiction a plus d'importance dans ma vie que la réalité ? Je vais instamment cesser mes réflexions, d'abord parce qu'elles n'intéressent sûrement personne et ensuite parce qu'elles vont encore m'envoyer au fond d'une bouteille tel que c'est parti.

Où en étions nous ?
Ah oui, donc, j'ai eu à subir les affres de la honte et opprobe publique lorsque par moment je me suis esclaffé en plein métro, avec un gros caméléon arc-en-ciel sur la couverture du livre j'imagine ce qu'on dû penser les gens... Encore un avec des fantasmes particulièrement dégoûtants. Il faut dire que la zoophilie bénéficie d'un statut particulier dans mon pays actuel. J'ose à peine commencer à penser à l'usage des particularités anatomiques de la bestiole. L'arc-en-ciel aide à se faire une idée sur le sexe du caméléon, parce que je ne sais pas identifier un caméléon mâle d'un femelle juste sur un portrait américain en couverture d'un livre, c'est dommage mais c'est comme ça... Mais comme le héros Adrian est un homosexuel (encore que... à voile et à vapeur aurait tendance à dire ma mère dans un cas comme celui-ci), je déduis habilement que la bestiole est mâle. Et c'est d'autant plus ennuyeux de se voir pris en flagrant délit de rire aggravé, surtout après d'habiles déductions comme celle-ci, que ce qui déclenchait mon hilarité était plus souvent la manière de présenter les choses ou bien les "witticisms" typiquement anglais (ou tout du moins ce que je considère comme typiquement anglais), bref, des trucs littéraires quoi... Mais je suis peut-être paranoïaque. Peut-être qu'il y avait un top-model qui lisait par dessus mon épaule et que c'est elle que les gens regardaient. Je déteste qu'on lise par dessus mon épaule, c'est totalement nul comme technique de drague, ce n'est pas parce que je lis un livre qui pourrait ressembler à une étiologie des iguanias caméléontidés que je suis forcément totalement inaccessible, une proposition de bière dans un troquet aurait très bien fonctionné. C'est bête un top-model...

Quelques informations sur le livre tout de même... La chronologie du livre est vraiment bizarre, suivant la vie d'un jeune homme. On se promène en effet dans la vie d'Adrian Healay (depuis l'équivalent collège jusqu'après l'équivalent faculté, en Angleterre) mais d'une manière strictement non linéaire, que ce soit dans le temps ou dans ce qui semble être sa véritable vie. On ne sait jamais vraiment quand il ment à son interlocuteur, quand il nous ment, quand il se ment... C'est assez déstabilisant mais bon, avec un titre comme celui-là et son avertissement de première page (à moins que ce ne soit pas la vérité et que tout dans le roman soit tiré de faits réels !!), si vous avez des amis chez X-Files je vous conseille de leur taire que vous lisez ce truc, ça pourrait vous attirer des ennuis. De toute façon, la vérité est ailleurs, bien piètre traduction tiens.

En bref, un bouquin étrange mais tout à fait recommandable. L'histoire n'est pas aussi incompréhensible que j'ai bien voulu le laisser croire. Je n'avais strictement aucune information sur le livre avant de l'entamer et cela ne m'a gêné en rien, au contraire. Il va vous falloir me croire sur paro... sur mensonge... sur ce coup-là !
Elle n'a ni queue ni tête cette chronique.
Chronique postée le 27/02/2007 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"

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Divers : ...
Pays de l'auteur (Fry, Stephen) : UK

Informations géographiques : Angleterre
Informations temporelles : 1990-2000 (écrit en 1991)