La forme de l'eau
de : Camilleri, Andrea

Ce petit livre est typique de ces romans que l'on dévore lors d'un long trajet en train, ou bien si on a déjà vu le Navarro de ce soir, ou encore - dans mon cas - entre deux "pavasses" plus ambitieuses (en terme de taille, hein, je ne parle pas forcément de la "Belle du Seigneur" ni de la "Selle du Baigneur", haha elle est bien bonne celle-là, je viens de la trouver). Sans être du piêtre niveau d'un Mary Higgins Clark (que je ne manque jamais de critiquer alors que je ne me suis jamais donné la peine d'en lire un...), mais plutôt à ranger à coté des San Antonio ou des (bons) Poulpes. A l'instar de ces derniers, il semblerait qu'il y ait une longue liste dans la biographie de Môsieur Camilleri... Donc si ça vous plaît, il y en aura pour tout le monde, avec du rab'.

Môsieur Camilleri maîtrise apparemment le sicilien. Une longue préface nous apprend que certains italiens doivent utiliser des glossaires fournis avec ses livres pour en comprendre les dialogues, et autres... L'action se situe donc ici en Sicile et il a été fait un gros effort de traduction car, même en francais (dans la langue de Molière je crois que l'on dit, encore que je doute que si on s'exprimait dans la même langue que Molière on serait compris, pas à la boulangerie du coin en tout cas, la remarque vaut sans doute pour Shakespeare d'ailleurs, c'est con comme tout un chroniqueur des Inrocks) on saisit bien la différence entre les passages en langue italienne et ceux en dialecte sicilien. J'espère que je ne dis pas ici un truc désobligeant envers les siciliens, je ne voudrais pas avoir à essayer de nager avec des blocs de bétons en guise de palmes... Cela ferait peut-être un nouveau sujet intéressant pour l'une des enquêtes du commissaire Montalbano.

Enquête, donc intrigue... L'intrigue n'a que peu d'importance mais elle recèle suffisamment d'intrications labyrinthiques pour surprendre, même si finalement on se doute assez rapidement du pourquoi et du comment de la chose. Et surtout on se doute de qui... Ici on ne sait rien de plus que notre commissaire, au contraire du sus-cité Columbo où, si mes souvenirs sont bons, on assiste au crime puis à la résolution. Cela présente l'avantage de pouvoir se marrer quand Columbo finit par appeler sa femme, son chien, ou un petit détail qui chiffone à la rescousse après avoir fait fausse route pendant les trois quarts de l'épisode. Mais c'est un peu frustrant, reconnaissons-le, pour les ceusses qui essayent de trouver le meurtrier avant tout le monde. Si si, ainsi on peut briller en société en se vantant (d'un air modeste, évidemment) d'avoir compris douze secondes et quarante deux centièmes avant le coup de la montre dans Usual Suspects. Je ne peux même pas commencer à dire combien c'est mal de compter parmi cette catégorie de la population, à laquelle, hélas, mil fois hélas, j'appartiens... Orgueil, quand tu nous tiens...

L'intrigue, ici, n'est cependant pas ce qui importe, disais-je avant que mon ego surdimensionné ne prenne le meilleur sur la chronique. En effet, j'ai suivit avec plus d'intérêt les circonvolutions du langage que celle de l'enquêteur ; traqué avec plus de joie les bons mots, fines allusions et sympathiques personnages que le coupable, ou les coupables, ou la coupable... Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous livrer la maitresse du mort sur un plateau ? C'est peut-être moi cela dit...

Oops ! Une chose est sure, ne vous attachez pas à la blonde...
Chronique postée le 15/01/2006 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"

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Divers : ...
Pays de l'auteur (Camilleri, Andrea) : Italie (vf)

Informations géographiques : Italie (Sicile)
Informations temporelles : Contemporain 90s