
The end of Mr. Y
de : Thomas, Scarlett
Ce livre on me l'avait vendu comme une expérience qui change la vie. Rien moins...
Croyez le si vous voulez, ça n'a rien changé du tout.
Je me demande d'ailleurs si cette assertion peut être valide à un moment où un autre ? Un livre peut-il changer une vie ? Une oeuvre d'art quelle qu'elle soit peut-elle changer une vie ? Sûrement celle de celui qui la produit, enfin peut-être, dans le sens où il doit en perdre un bout tout de même...
L'histoire est "assez" originale, pour qui n'a pas été élevé à la SF ou à la fantasy, s'entend. Une jeune femme découvre un bouquin rare sur lequel elle fait des recherches (elle est engagée dans des études de doctorat en littérature à ce que je me rappelle...), comme toujours il y a une sorte d'aura mystique autour du livre, comme quoi quiconque en fait la lecture disparaît ou un truc du genre. Oui, "Le Nom de la Rose", je sais. Donc, je vous le donne en mil, elle le trouve par hasard et le lit et le livre donne les clefs d'un monde parallèle, ceci cela. Arrive par dessus une conspiration gouvernementale alla X-Files des grands soirs et vous avez en substance le bouquin... Alors effectivement, ce mélange des genres et surtout des époques est assez intéressant. L'auteur semble ne pas trop pouvoir se décider si elle préfère nous servir des ambiances type dix-neuvième siècle ou bien faire jouer ses personnages avec des stormbolters et des grenades à fragmentation. Ca amène un joyeux capharnaüm dans certains chapitres mais je ne suis pas certain que ça fonctionne vraiment bien...
Disons qu'effectivement, pour un livre qui pourrait se retrouver en tête de gondole, il est assez bizarre pour mériter d'y jeter un oeil...
Je vais éviter de parler de la Troposphère (c'est le nom du monde parallèle) parce que je risque de devenir un soupçon narquois et ça va encore passer pour de la jalousie.
Ceci dit, il y a un truc aussi qui m'a fait tiquer un peu tout du long du livre... L'auteur a une façon assez crue de rapporter des détails de la vie sexuelle de l'héroïne sans pour autant que je sois convaincu que ça amène quelque chose à l'histoire, ni réellement à l'ambiance. Je ne vais pas faire mon effarouchée et dire que ça m'a choqué mais bon, la fesse pour la fesse, vraiment heu non... En fait, ça me pose plus de questions que ça cette histoire, et pas que pour ce livre. Tous comptes fait, doit-on décrire lorsque le héros va aux toilettes ? Si l'action incriminée n'a pas d'incidence sur l'intrigue, s'entend. Parce que l'héroïne de "Belle du Seigneur" passe quand même une portion significative du bouquin aux toilettes quand on y pense, alors oui elle fait couler l'eau de la baignoire pour camoufler le bruit de la chasse d'eau et ainsi préserver la romance, et donc là ça a du sens de nous bassiner avec des descriptions de bidets. Je n'ai pas de réponse à cette question mais ce n'est pas la première fois qu'elle me trotte dans la tête alors je me suis dit que si je pouvais pourrir la vie - ou donner du grain à moudre durant les périodes de vide cérébral matinales et les transports en commun, selon votre degré de névrose - de quelques lecteurs de bookine, c'est comme ça que la science avance, morbleu.
Dans le cas qui nous intéresse ici, enfin, moi, je ne sais pas vous, la vie sexuelle tordue de la narratrice, finalement ne nous apporte pas grand chose, certes elle explique sa relation avec le bellâtre du coin et ça nous donne un aperçu psychologique, un angle d'attaque pour comprendre... mais comprendre quoi ? Rien dans le reste n'est en vérité relié au fait qu'elle se tape ce type marié dans des chambres d'hôtel miteuses pour se faire payer à bouffer mais qu'elle aime bien quand même pour des raisons freudiennes assez classiques d'auto-punition...
Ca met un peu de sel dans la lecture et ça n'est pas mal fait mais il me manque un but à tout ça. J'aimerais bien comparer ça avec les passages érotiques de certains bouquins de Murakami (le bon, pas celui des parasites) qui n'ont que peu souvent un rapport direct avec l'intrigue principale (ceci dit l''intrigue principale chez Murakami elle nous mène souvent en bateau parce que c'est pas la principale en fait, bref...) mais ça apporte toujours quelque chose : une ambiance, un éclairage (ou souvent plutôt un obscurcissement, si tant est que ça se dise), un décalage d'avec la réalité... Alors bon, il est possible que je sois totalement passé à coté du pourquoi (mais pas du comment !) dans "The End of Mr Y".
On passera sur la fin (le dernier chapitre ou bien l'épilogue, je ne me souviens plus très bien) qui m'a fait lever les yeux au ciel, mais pas longtemps parce qu'il est très court.
Finalement, le détail que je retiendrai du livre c'est que la tranche est noire. C'est assez dingue quand on y pense, je viens de me taper quelques quatre cents pages de mots et je me rappelle de la couleur de quelques dixièmes de millimètres teintés de noir.
de : Thomas, Scarlett
Ce livre on me l'avait vendu comme une expérience qui change la vie. Rien moins...
Croyez le si vous voulez, ça n'a rien changé du tout.
Je me demande d'ailleurs si cette assertion peut être valide à un moment où un autre ? Un livre peut-il changer une vie ? Une oeuvre d'art quelle qu'elle soit peut-elle changer une vie ? Sûrement celle de celui qui la produit, enfin peut-être, dans le sens où il doit en perdre un bout tout de même...
L'histoire est "assez" originale, pour qui n'a pas été élevé à la SF ou à la fantasy, s'entend. Une jeune femme découvre un bouquin rare sur lequel elle fait des recherches (elle est engagée dans des études de doctorat en littérature à ce que je me rappelle...), comme toujours il y a une sorte d'aura mystique autour du livre, comme quoi quiconque en fait la lecture disparaît ou un truc du genre. Oui, "Le Nom de la Rose", je sais. Donc, je vous le donne en mil, elle le trouve par hasard et le lit et le livre donne les clefs d'un monde parallèle, ceci cela. Arrive par dessus une conspiration gouvernementale alla X-Files des grands soirs et vous avez en substance le bouquin... Alors effectivement, ce mélange des genres et surtout des époques est assez intéressant. L'auteur semble ne pas trop pouvoir se décider si elle préfère nous servir des ambiances type dix-neuvième siècle ou bien faire jouer ses personnages avec des stormbolters et des grenades à fragmentation. Ca amène un joyeux capharnaüm dans certains chapitres mais je ne suis pas certain que ça fonctionne vraiment bien...
Disons qu'effectivement, pour un livre qui pourrait se retrouver en tête de gondole, il est assez bizarre pour mériter d'y jeter un oeil...
Je vais éviter de parler de la Troposphère (c'est le nom du monde parallèle) parce que je risque de devenir un soupçon narquois et ça va encore passer pour de la jalousie.
Ceci dit, il y a un truc aussi qui m'a fait tiquer un peu tout du long du livre... L'auteur a une façon assez crue de rapporter des détails de la vie sexuelle de l'héroïne sans pour autant que je sois convaincu que ça amène quelque chose à l'histoire, ni réellement à l'ambiance. Je ne vais pas faire mon effarouchée et dire que ça m'a choqué mais bon, la fesse pour la fesse, vraiment heu non... En fait, ça me pose plus de questions que ça cette histoire, et pas que pour ce livre. Tous comptes fait, doit-on décrire lorsque le héros va aux toilettes ? Si l'action incriminée n'a pas d'incidence sur l'intrigue, s'entend. Parce que l'héroïne de "Belle du Seigneur" passe quand même une portion significative du bouquin aux toilettes quand on y pense, alors oui elle fait couler l'eau de la baignoire pour camoufler le bruit de la chasse d'eau et ainsi préserver la romance, et donc là ça a du sens de nous bassiner avec des descriptions de bidets. Je n'ai pas de réponse à cette question mais ce n'est pas la première fois qu'elle me trotte dans la tête alors je me suis dit que si je pouvais pourrir la vie - ou donner du grain à moudre durant les périodes de vide cérébral matinales et les transports en commun, selon votre degré de névrose - de quelques lecteurs de bookine, c'est comme ça que la science avance, morbleu.
Dans le cas qui nous intéresse ici, enfin, moi, je ne sais pas vous, la vie sexuelle tordue de la narratrice, finalement ne nous apporte pas grand chose, certes elle explique sa relation avec le bellâtre du coin et ça nous donne un aperçu psychologique, un angle d'attaque pour comprendre... mais comprendre quoi ? Rien dans le reste n'est en vérité relié au fait qu'elle se tape ce type marié dans des chambres d'hôtel miteuses pour se faire payer à bouffer mais qu'elle aime bien quand même pour des raisons freudiennes assez classiques d'auto-punition...
Ca met un peu de sel dans la lecture et ça n'est pas mal fait mais il me manque un but à tout ça. J'aimerais bien comparer ça avec les passages érotiques de certains bouquins de Murakami (le bon, pas celui des parasites) qui n'ont que peu souvent un rapport direct avec l'intrigue principale (ceci dit l''intrigue principale chez Murakami elle nous mène souvent en bateau parce que c'est pas la principale en fait, bref...) mais ça apporte toujours quelque chose : une ambiance, un éclairage (ou souvent plutôt un obscurcissement, si tant est que ça se dise), un décalage d'avec la réalité... Alors bon, il est possible que je sois totalement passé à coté du pourquoi (mais pas du comment !) dans "The End of Mr Y".
On passera sur la fin (le dernier chapitre ou bien l'épilogue, je ne me souviens plus très bien) qui m'a fait lever les yeux au ciel, mais pas longtemps parce qu'il est très court.
Finalement, le détail que je retiendrai du livre c'est que la tranche est noire. C'est assez dingue quand on y pense, je viens de me taper quelques quatre cents pages de mots et je me rappelle de la couleur de quelques dixièmes de millimètres teintés de noir.
Chronique postée le 02/12/2009 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"
---
Divers : http://www.harcourtbooks.com/TheEndOfMrY/landing.asp
Pays de l'auteur (Thomas, Scarlett) : UK
Informations géographiques : UK et la fameuse Troposphère
Informations temporelles : contemporain
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"
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Divers : http://www.harcourtbooks.com/TheEndOfMrY/landing.asp
Pays de l'auteur (Thomas, Scarlett) : UK
Informations géographiques : UK et la fameuse Troposphère
Informations temporelles : contemporain