Les Envoûtés
de : Gombrowicz, Witold

Le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été envoûté outre mesure par ce livre. Oui, je sais, je sais... Mais bon, si je ne me dévoue pas, elle va vous trotter dans la tête et ressortira sans doute à un moment inopportun.

Je me suis procuré l'ouvrage alors que je préparais un voyage en Pologne, comme à mon habitude cherchant de la production locale. J'ai aussi récupéré le "Solaris" de Stanislas Lem qui finira bien par pointer ses coins de pages par ici... Mais en attendant, je vais essayer de dire deux ou trois trucs sur le livre en question.
Comme ce livre n'est pas, à mon avis, un joyau de littérature au suspense insoutenable qui vous fera oublier de manger vos chips et vous arrêtera au milieu d'une gorgée de bière (pas la première sans doute, mais ça fait baver quand même), je vais me tenter à un résumé de l'intrigue. En bref, je vais parler du livre, chose que je ne fais que rarement mais on m'a dit que, tout de même, il ne serait pas mal de rentrer un peu dans le rang. Je crois que la ponctuation de la critique incriminée était "charogne", mais j'ai pu mal entendre.

Alors que leur arrive-t-il à nos envoûtés et qui sont-ils d'abord ?
Deux jeunes gens que tout oppose, mais surtout le niveau social, se rencontrent fortuitement (l'un devient le professeur de tennis de l'une) et ils tombent plus ou moins amoureux. Leur relation est ceci-dit totalement malsaine et a pour effet de les faire sombrer dans le crime, d'abord tout petit, du chapardage... Puis tout cela s'emmêle avec une autre intrigue, car l'une est déjà fiancée avec un type qui tente de récupérer l'héritage d'un vioque complètement dérangé en attendant sagement et impatiemment (oui oui, à la fois) qu'il claque. Malheureusement un trouble fête vient fourrer son nez dans l'affaire, ainsi que le professeur de tennis lorsqu'il plonge dans le crime. Ouf. Il me semble que cette histoire - fort peu originale sans doute - d'héritage est le fil rouge du livre, mais les divers protagonistes vont aussi aller faire un petit tour à Varsovie et en revenir avec un autre personnage, une sorte de médium détective privé qui finira par faire la lumière sur un autre mystère, encore ! Oui, parce que dans le château du vioque (et donc du secrétaire malveillant) il y a une pièce soit disant hantée qui va jouer un rôle important. Ca a l'air super compliqué comme ça mais en fait ça se lit bien, Mary Higgins Clark a dû lire le bousin à maintes reprises, ça lui ressemble pas mal. Enfin, ça ressemble pas mal à l'idée que je me fais d'un MHC dans la mesure où je n'en ai jamais lu (LI--, non ?).

Sans trop vouloir lui casser du sucre sur la quatrième de couverture, il y a tout de même des trucs intéressants par-ci par-là. Par exemple, le passage à Varsovie est intéressant car il donne un éclairage sur comment y était la vie à ce moment-là. J'ai pas mal aimé la description de cette bande de jeunes femmes qui, sans trop le dire, font le métier d'hôtesses de luxe. On ne sait jamais trop où elles arrêtent leurs services, et la dame qui chapeaute le business a tout d'une matrone de maison de passe avec de la classe, mais ca n'est jamais dit et finalement on s'en fait l'idée qu'on en veut. Il va sans dire que l'héroïne (appelée "l'une" dans le paragraphe précédent) va faire l'effet d'une chienne dans un jeu de quilles et on aura droit aussi à une petite critique sur les différentes strates sociales de la capitale polonaise. L'auteur ne se mouille pas trop mais bon, on en apprend toujours, pour peu que l'on n'ait pas vécu à cette époque ni à cet endroit, ce qui doit sans doute être la majorité du lectorat de bookine.

Il est à noter que comme le château de l'héritage comporte une pièce soit disant hantée : la terrifiante chambre blanche, il y a une part de fantastique dans le bouquin. Le seul truc qui m'ait amusé, c'est que l'ensemble de l'aspect "terrifiant" de la fameuse chambre hantée nous est passé à travers un petit bout de serviette sale qui gigote tout seul. L'élément horrifique de l'intrigue repose sur un torchon grisâtre finalement. Et j'aurais tendance à trouver ça cool, il y a une sorte d'ironie qui me plaît bien là-dedans.

Il parait que les autres livres de Gombrowicz sont plus osés, ironiques aussi et donc je garde le nom sous le coude, on ne sait jamais, il est des fois où, chez une arrière grand tante éloignée la sélection dans la bibliothèque peut sauver un dimanche après-midi pluvieux... Sinon, Stanislas Lem sera ma prochaine victime Polonaise.
Chronique postée le 21/01/2010 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"

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Divers : ...
Pays de l'auteur (Gombrowicz, Witold) : Pologne

Informations géographiques : La campagne Polonaise et un peu la capitale aussi.
Informations temporelles : Ecrit en 1939 et sans doute contemporain