Hell’s Angels – A strange and terrible saga
de : Thompson, Hunter

Thompson a passé du temps avec les hell’s angels, pendant leurs heures de gloire médiatiques, un peu avant et un peu après, en fait jusqu’à ce que l’un d’eux finisse par décider lui envoyer son poing dans la figure sans réelle raison.

Son livre dépeint avec empathie cette bande de brutes dégénérées et désespérées, qui tentent de décliner une version modernisée du mythe du cow boy libre de toute contrainte et de toute loi pour donner un vague sens à leurs vies.

Et quand on pense à la doctrine plus ou moins ouvertement fasciste des règles du club, aux dérapages soudains en viol collectif ou bagarre générale, de l’empathie, il en faut.

Ca m’a rappelé aussi cette fois où on avait croisé ce motard clubiste dans un bar d’une petite ville, un type plutôt sympa de premier abord, avec le blouson en jeans et la veste en cuir sans manche avec un énorme insigne évocateur des plus larges autoroutes américaines dans le dos. Il s’était brusquement mis à exuder un danger glacial pendant les quelques secondes qui avaient séparé le moment où je lui avais envoyé une vanne comme en fusent amicalement normalement plein dans ce genre de rencontre, et celui où il s’était finalement décidé à nous planter la, sans rien dire, de façon très théâtrale après avoir tenté de me désintégrer du regard. Pendant ces quelques secondes, je crois que l’ami avec qui j’étais a eu très peur d’avoir à s’interposer entre sa chaîne de moto et les dents de ma grande gueule.

A l’époque, j’étais jeune et je ne croyais pas vraiment à la mort. Maintenant, et surtout depuis que j’ai lu ce livre, je comprends mieux sa lividité, d’autant que j’avais sans doute eu l’incroyable intelligence de plaisanter de l’insigne du club du motard.


Pourquoi lire ce livre : parce que si l’intro de ‘Born to be wild’ a commencé à jouer dans votre tête rien qu’en lisant le titre, vous trouverez cette balade réelle au sein du mythe intéressante.

Pourquoi ne pas lire ce livre : parce que vous êtes englués devant ‘Sons of Anarchy’ qui a l’air de décrire aussi assez exactement l’ambiance.


En bonus, le teaser: “Few clerks will try to stop a dangerous hoodlum rushing out the door with two hams and three quarts of milk. The outlaws are not apologetic about stealing food, eventhough it goes against their pride. They prefer to think they don’t have to – but whenever they do, they aren’t sneaky. While one is gathering hams or steaks another will cause a disturbance to draw the clerks. A third will fill a rucksack full of cans and vegetables on the other side of the store … and then they will all flee at the same time through different exits. There is nothing difficult about it. All it takes is gall, a threatening appearance and a surly disregard for whatever the neighbors might think.”
Chronique postée le 23/01/2010 et signée Cabsal
"Si j'ai droit à un 6e : Robin Cook - Les mois d'avril sont meurtiers", aaarrrg, je ne sais pas, moi, mais arretez Monsieur avec ces questions !"

---
Divers : (1966-67)
Pays de l'auteur (Thompson, Hunter) : USA

Informations géographiques : US (Californie et un peu au-delà)
Informations temporelles : 1960s

---
Dans le même genre...
Du même auteur dans Bookine :
Fear and Loathing in Las Vegas - A savage journey to the heart of the American dream, par Hern42.