Written on the body
de : Winterson, Jeanette

Comme pour toutes les douces incohérences, c’est touchant d’entendre les explications cartésiennes sur l’attirance à l’autre, toutes ces qualités et cette grandeur d’âme dont l’autre se trouve affublé sans raison, comme autant d’artificielles justifications qui lui sont jetées dessus pour éviter d’admettre qu’il n’y a rien à expliquer, qu’il suffit parfois d’une voix ou d’un sourire des yeux et que tout le charabia convenu n’est que mauvaise littérature qui gagnerait grandement à être définitivement tue.

Jeanette Winterson a le talent d’arriver à écrire une histoire d’amour sans servir cette bouillie hypra cérébrale ultra rance en lui donnant forme plus réelle. Elle y peint une relation vécue y compris dans toute la sensualité unique à chaque couple.

Elle parvient à faire ressentir ce que l’on vit quand on aime, tout ce qui ne peut s’exprimer vraiment qu’avec le bout des doigts en redécouvrant à chaque fois le grain familier de ta peau, la résonance vibrante de nos nudités partagées, ta main passée sur mon visage comme si tu essayais de me voir les yeux fermés.

Ce roman résonne d’autant plus qu’il n’essaie pas d’échapper au cliché de l’histoire qui s’achève. Et la fin de la relation y est racontée de façon tout aussi directe, dans son impact viscéral.

Un livre essentiel parce qu’il est très juste. Enfin, à condition que votre température sanguine dépasse celle d’un poisson mort et que vous ne portiez pas en boutonnière un cynisme ricanant en pensant que cela vous donne l’air mature ou intéressant.


Pourquoi lire ce livre : parce qu’il décrit sensuellement les relations vécues et une histoire d’amour.

Pourquoi ne pas lire ce livre : parce que vous préférez les nœuds au cerveau et les longues explications creuses à l’imprévu et à l’inexplicable.


En bonus, les teasers: “Rest now, let me unlace your boots, massage your feet where the skin is calloused and sore. There is nothing distasteful about you to me; not sweat nor grime, not disease and its dull markings. Put your foot in my lap and I will cut your nails and ease the tightness of a long day. It has been a long day for you to find me.”

“ ‘You’ll get over it…’ It’s the clichés that cause the trouble. To lose someone you love is to alter your life for ever. You don’t get over it because ‘it’ is the person you loved. The pain stops, there are new people, but the gap never closes. How could it? The particularness of someone who mattered enough to grieve over is not made anodyne by death. This hole in my heart is in the shape of you and no-one else can fill it. Why would I want them to?”
Chronique postée le 23/01/2010 et signée Cabsal
"Si j'ai droit à un 6e : Robin Cook - Les mois d'avril sont meurtiers", aaarrrg, je ne sais pas, moi, mais arretez Monsieur avec ces questions !"

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Divers : (1992)
Pays de l'auteur (Winterson, Jeanette) : UK

Informations géographiques : UK
Informations temporelles : 1990-2000

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