Mygale
de : Jonquet, Thierry

C’est un cas bizarre que ce livre (mais assez récurent) : je n’ai pas été emballé plus que ça mais je l’ai tout de même descendu en à peine deux jours. Ca n’est pas une pavasse de mil pages mais bon, j’avais autre chose à faire à ce moment là et en plus j’y voyais à peine. Porter des lunettes de soleil en intérieur, au Danemark et en septembre, c’est la classe. Dommage qu’il n’y eut personne pour le voir. Tiens, je me demande si la classe ce n’est pas comme ces histoires d’arbres qui tombent dans la forêt et qui ne font du bruit que si quelqu’un est là pour les entendre... Je suppose que ça dépend de si vous êtes plutôt positiviste ou réaliste, au final. Quelqu’un tue le chat ou je m’y colle ?

Bref...
Ce livre est un polar, et il en présente toutes les caractéristiques. C’est peut-être ça le problème, c’est qu’il est bien là où on l’attend. On l’attend sûrement dans le noir, et il nous donne du noir. Beaucoup de noir. Mais le noir est-il le nouveau noir ?
Je ne vais pas résumer l’intrigue parce que je risque de laisser passer une ou deux bribes d’information qui donneraient trop d’indices et rendrait la lecture quasi-caduque. N’ayant pas été époustouflé tant que ça par l’écriture, force m’est de convenir que c’est dans l’histoire que se trouve l’intérêt. Ou bien dans le voyeurisme...

Parce qu’il y a une grosse part de voyeurisme dans cette lecture-ci. Il s’y passe des choses assez horribles, et on en re-demande. Mais si, ne faites pas vos Saintes Nitouches là, ho ! Bien-sûr que dans ces livres (ou autres média) basés sur les tueurs en série, la torture, les expériences médicales comme au bon vieux temps des camps nazis, ah ça on s’avait s’amuser avec un scalpel à l’époque, il n’y a qu’à demander à Ilsa, She-wolf of the SS... Donc, disais-je avant qu’Ilsa ne vienne m’encombrer l’imagerie mentale, lorsque l’on lit un truc avec du cadavre et des tripes et autre joyeusetés du même ordre, on s’attend d’assister à des horreurs. Que celui qui n’a jamais regardé un épisode de Dexter me jette le premier scalpel, d’ailleurs.

Et bien on sera servit.

Sauf que là je ne trouve pas ça très fin. Oui, c’est original, dans l’horreur. Pas de l’horreur avec des monstres à tentacules (assez rare finalement, passé l’adolescence probablement, H.P. Lovecraft mon ami on se retrouve bientôt...) mais de l’horreur psychologique, disons... C’est aussi assez original dans le traitement. Il y a deux ou trois effets stylistiques que je ne suis pas certain de trouver fort à propos mais bon, il y a un effort pour se démarquer. Je vous entretiendrais bien à nouveau du concept sur la photographie au fish-eye de poignées de porte, c’est un truc que je mûris en ce moment, mais je vais perdre les rares lecteurs qu’il reste sous prétexte -avéré il est vrai - de radotage aggravé. Revenons au livre, l’intrigue bien menée, les informations sont distillées avec soin et bonne chronologie pour nous faire comprendre petit à petit ce que l’auteur veut bien nous donner à comprendre. Bref, ça marche.

Sauf que, bin voila, je n’arrive pas à réellement me sentir convaincu. Il me manque quelque chose. Ce quelque chose que je trouve chez Chandler, Hammett, ou Simenon. C’est vrai que ce n’est pas vraiment le même style ceci dit. Je me demande si j’aime le polar moi en fait ? Le polar moderne disons... Et qu’on ne vienne pas ma seriner de retourner voir chez Agatha Christie ou bien Sir Conan Doyle. D’abord j’aime bien le dernier et pas la première, et j’ai mes raisons et ensuite ça va encore me faire perdre des points de street-cred’ tout ça. Je suis vieux jeu dans mes lectures aussi alors ? Et bin on n’a pas fini tiens, vue ma pile de lecture...

Si ça continue je ne donne pas cher de ma participation à bookine, avec le radotage et la question de la crédibilité qui pointent leur nez...
Chronique postée le 09/10/2010 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"

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Divers : ...
Pays de l'auteur (Jonquet, Thierry) : France

Informations géographiques : France (Région parisienne)
Informations temporelles : contemporain