Les inconnus dans la maison
de : Simenon, Georges

Plus je cherche des renseignement sur Simenon plus je m'englue dans les analyses, les bibliographies fleuves et les biographies. Je crois que je vais laisser tomber le professionnalisme, quitte à tomber dans la subjectivité la plus bassement humaine... Simenon déchire, point.

L'histoire est sympathique : un homme/ogre asocial découvre que sa fille fait la bringue dans sa propre maison et à son insu (de toute façon il s'en moque complètement, tout enfoncé qu'il est dans son mal de vivre et engourdit par ses litrons de rouge...) et il finit par le découvrir en même temps qu'un cadavre, dans son grenier. C'est l'oeuvre d'un des membres d'une bande de jeunes désoeuvrés qui auraient vu trop de films de gangsters en cinérama. S'ensuit une classique enquête policière menée de main de maître, c'est le cas de le dire puisque le type est avocat. C'est aussi l'excuse pour faire une étude sociologique basée sur la comparaison entre différentes strates sociales.

Je ne peux m'empêcher de penser au premier Fred Vargas, avec cette bande de jeunes gens qui vivent une sorte de vie parallèle inventée, en marge gentillette de la société bien pensante et, comme toujours dans les romans, une étincelle fait déborder le vase et ils tombent dans le crime si ce n'est le grand banditisme. Ca me fait un peu sourire de voir que dès les années quarante, il a toujours fallut trouver un bouc émissaire au fait que les jeunes n'étaient pas "comme avant". Alors c'est le cinéma, sans doute parce que le Marylin Manson n'était pas né, et que les jeux vidéos n'en parlons pas...

En lisant ce livre, j'ai retrouvé l'ambiance des feuilletons policiers lents de mon enfance : Maigret bien-sûr -- c'est d'ailleurs amusant de tenter de demander aux gens quel visage ils apposent sur ce fameux nom : pour certain c'est Bruno Kremer, pour d'autres Jean Richard, voire Jean Gabin, j'avoue que pour moi c'est un dessin de Jean Richard, qui sort soit de Pif Gadget soit du Journal de Mickey... quitte à fouiner dans ses souvenirs -- , mais aussi des Columbo et consorts.
Ces petites histoires glauques, du crime de petites gens, loin des exploits rocambolesques dont Hollywood nous abreuve en permanence. Des petites villes de province, du brouillard, de la pluie fine dans la pénombre. L'inspecteur Lavardin qui mange du poulet au vinaigre, au propre moins qu'au figuré. Tout cela apparemment vient de gens comme Simenon, ou Mallet (à creuser d'ailleurs Mallet, tant que je suis dans ma période roman noir, attention Burma va faire une apparition dans Bookine un de ces quatre, sauf si comme je l'ai appris récemment les livres ne sont pas réédités et qu'il faut se rabattre sur une intégrale, je n'aime pas trop les intégrales... ça va encore finir dans les brocantes ça)

Ce livre a été adapté trois fois au cinéma, deux fois en France (avec Raimu en 1942 et Belmondo en 1992) et une fois en Angleterre en 1967 (avec Geraldine Chaplin). Ca ne va pas être facile à retrouver pour faire la comparaison...
Ainsi continue mon exploration du Simenon hors Maigret.
Chronique postée le 05/12/2006 et signée Hern42
"Quoi !? Avec plus de cinq livres par an je suis un *gros* lecteur... Et l'Arlequin, c'est du SlimFast ?"

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Divers : ...
Pays de l'auteur (Simenon, Georges) : Belgique

Informations géographiques : France (Moulins)
Informations temporelles : écrit en 1941, pas de dates précisée donc 1941

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